Archive for juillet, 2010

Conférence annuelle de cancérologie : des avancées majeures à venir…

Même si la mortalité par cancer ne cesse de diminuer depuis plusieurs années dans les pays développés si on la rapporte à l’évolution démographique, l’OMS prévoit plus de 13 millions de décès annuels par cancer en 2030, contre 7,6 millions en 2008, soit une hausse de 72 % en 22 ans. Le cancer pourrait doubler dans le monde d’ici 2030 pour atteindre 13 millions dont la majorité dans les pays en développement.

La conférence annuelle de cancérologie organisée par l’ASCO, la plus importante au monde avec 30 000 cancérologues, vient de se terminer à Chicago. Elle a confirmé le rôle grandissant des thérapies ciblées et personnalisées contre le cancer et a permis de présenter les résultats d’une trentaine d’essais cliniques et de quelque 4.000 travaux de recherche.

Les recherches en cours peuvent, grâce aux avancées dans la génomique, décoder les différentes anomalies génétiques qui expliquent le comportement des cellules cancéreuses, ouvrant la voie "à de nouveaux traitements pour les cibler", a souligné le Dr Lynn Schuchter, professeur de médecine au centre du cancer de l’Université de Pennsylvanie, une des organisatrices de la conférence de l’American Society of Clinical Oncology.

Avantage supplémentaire, un grand nombre de ces nouveaux traitements consistent en un seul comprimé avec beaucoup moins d’effets secondaires que la chimiothérapie traditionnelle. Ces traitements utilisent plusieurs voies : ils visent à empêcher les tumeurs de développer des vaisseaux sanguins pour se nourrir, à bloquer leur croissance ou à programmer leur auto-destruction.

Ils visent également à stimuler le système immunitaire pour lui permettre de combattre plus efficacement le cancer. C’est notamment le cas de l’Ipilimumab, un anti-corps expérimental produit de la bio-ingénierie du laboratoire américain Bristol-Myers Squibb qui démultiplie la réponse immunitaire de l’organisme contre les cellules cancéreuses. Cet anti-corps, objet d’essais cliniques depuis plus de dix ans, a pour la première fois permis de prolonger la vie de patients atteints de mélanome ayant fait des métastases.

Autre avancée : l’utilisation élargie de l’Avastin, qui bloque l’angio-genèse ou la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, par les tumeurs cancéreuses et a donné des résultats encourageants pour le traitement du cancer des ovaires.

Un nouvel anticancéreux fait aussi beaucoup parler de lui : il s’agit de l’inhibiteur ALK. Ce sigle désigne un gène et sa protéine, responsables d’une mutation présente chez 5 % des victimes de la forme la plus fréquente du cancer du poumon. Le traitement, expérimenté en Corée sur un petit nombre de patients (84), montre une réduction des tumeurs chez 90 % des malades. Fait remarquable, moins de trois ans séparent la découverte initiale de l’anomalie génétique et les premiers essais de la molécule, développée par l’américain Pfizer.

Cette course aux nouveaux anticancéreux ne fait que commencer. Plus de 800 molécules sont actuellement en cours de développement chez les industriels de la pharmacie. Certaines devraient pouvoir nettoyer l’organisme en profondeur, en supprimant les dernières cellules souches dormantes responsables des rechutes. « Un jour, nous pourrons sans doute guérir les lymphomes folliculaires en éliminant toutes les cellules résiduelles présentes dans l’organisme », prévoit Gilles Salles, hématologue à l’université de Lyon.

Parmi les pistes les plus prometteuses, la première fait appel à un binôme qui combine habilement la capacité de recherche sélective d’un anticorps et la puissance d’une molécule chimique. Le premier est capable de repérer une cellule cancéreuse identifiée par ses récepteurs de surface spécifiques. Une molécule toxique vient ensuite détruire la cellule. Une combinaison de ce type, associant un anticorps connu (trastuzumab) avec une molécule existante (TDM1), est actuellement testé dans le cancer du sein et plus d’une cinquantaine sont actuellement à l’essai dans le monde.

Une autre piste consiste à greffer des molécules de sucre sur un anticorps monoclonal, ce qui permet de renforcer le système immunitaire de manière très efficace.

Il faut également souligner les progrès en matière de vaccins thérapeutiques : des chercheurs américains viennent ainsi de mettre au point un vaccin protégeant les souris contre le cancer du sein et espèrent pouvoir transposer à la femme ce succès remarquable d’ici quelques années.

Mais cette grande encontre mondiale a également été l’occasion d’annoncer des progrès qui ne relèvent pas de nouveaux médicaments mais d’une meilleure combinaison des traitements existants ou d’une nouvelle utilisation d’un médicament qui n’est pas destiné à traiter le cancer.

C’est ainsi que, selon une étude clinique qui a fait grand bruit, la radiothérapie combinée à un traitement hormonal réduit de 43 % le risque de mortalité d’hommes atteint d’un cancer localisé et avancé de la prostate. "Cet essai clinique de phase 3 va remettre en question le dogme actuel de traitement selon lequel seule l’hormonothérapie suffit pour traiter des cancers localisés et avancés de la prostate", a souligné le Dr Padraig Warde, directeur adjoint du programme de médecine radiologique à l’hôpital universitaire de Toronto (Canada), principal auteur de cette recherche.

Pour cet essai clinique, 602 patients pris au hasard ont été traités avec une hormonothérapie seule et 603 ont, en plus, suivi une radiothérapie. Après sept ans, 66 % des hommes du premier groupe étaient encore en vie comparativement à 74 % dans le second groupe.

Citons enfin un médicament générique qui sert habituellement à traiter des troubles liés à une enzyme chez l’enfant, le dichloroacétate (DCA) et pourrait être un traitement efficace contre une forme mortelle de cancer du cerveau selon une étude menée par des chercheurs de l’université de l’Alberta.

Cette étude à petite échelle, effectuée sur 5 patients, montre que les tumeurs ont réagi au dichloroacétate en changeant leur métabolisme. Le traitement a fonctionné sur les tissus des tumeurs des 5 patients en phase terminale de cancer du cerveau, comme le laissaient présager les expériences en laboratoires menées en 2007. Chez 4 des 5 patients, les chercheurs ont observé que le cancer du cerveau ne s’étendait plus après 15 mois de traitement. Les tests suivants sur les cellules prélevées de ces patients ont montré que le DCA avait tué les cellules cancéreuses.

On le voit, la cancérologie vit véritablement un tournant historique et il est frappant de constater que tous les participants à cette réunion de l’ASCO ont souligné l’importance de développer de nouvelles approches conceptuelles, issues de la recherche très fondamentale, pour permettre de véritables sauts thérapeutiques dans le traitement du cancer. Cette approche pluridisciplinaire doit mobiliser non seulement la biologie et la chimie mais également la physique, les mathématiques et l’informatique, sans oublier la botanique.

Il est toujours délicat de faire des prévisions sur des sujets aussi graves que le cancer mais je suis néanmoins convaincu que si les progrès de la recherche se poursuivent à ce rythme, il n’est plus déraisonnable d’espérer que le monde sera définitivement débarrassé de ce fléau du cancer d’ici le milieu de ce siècle.

Tregouet

juillet 20, 2010 at 8:31   Laisser un commentaire

Mise en place du Conseil de surveillance à l’AP-HP

Depuis hier, le directoire et le conseil de surveillence, organisé par la loi HPST ont été mise en place.
Le directoire

Le directoire est une instance de surveillance ayant pour fonction d’appuyer et conseiller le directeur général dans la gestion et le pilotage de l’AP-HP. Il gère aussi bien les tutelles que l’organisation interne. Il se compose de 9 membres en majorité médecins, dont 2 représentants des personnels médicaux.

Le directoire est une instance collégiale  qui se substitut au précédent conseil exécutif. Concrètement, il s’agit d’un lieu d’échanges d’opinions  sur tout ce qui a trait à la gestion de l’AP-HP. Il s’agit également d’une instance de concertation préalable et obligatoire  aux décisions du Directeur général pour les questions concernant:
-Le contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens
-La politique d’amélioration de la sécurité et qualité des soins et l’accueil des patients.
-Le programme d’investissement
-L’état prévisionnel des recettes et dépenses
-Les tarifs des prestations hospitalières
-L’organisation interne de l’AP-HP
-Les contrats de pôle passés entre les chefs de pôles et le directeur général
-Les actions de coopération entre les hôpitaux
-Les questions matrimoniales
-Le règlement intérieur

Source

juillet 2, 2010 at 9:47   Laisser un commentaire

Quelle importance accorder à la douleur?

Cette semaine, un dossier consacré à la douleur est paru dans l’Express. Une enquête sur les hôpitaux et cliniques qui traitent le plus efficacement la douleur ( et en fonction des moyen de chaque établissement) a été menée par une équipe de journalistes.

Vous trouverez les résultats par département ici.

La douleur relève du subjectif

Il est à noter qu’en France, la douleur a longtemps été délaissée pour des raisons à la fois historiques et culturelles. Les plans anti-douleur mis en place par le gouvernement en 19998 et 2004 sont à cet égards assez exceptionnels.

Les raisons de ce délaissement? Certes, il y a toute la tradition judéo-chrétienne qui voit du bon dans le douleur mais ce n’est pas tout. En effet, dans la majeure partie des cas, on évite de soigner la douleur car elle facilite les décisions médicales. En d’autres termes,soulager la douleur des patients est susceptible d’induire de nombreux médecins en erreur lorsqu’il auscultent un patient. Toutefois la légitimité de cette vision est contesté puisque certains expliquent qu’en général une prise de sang ou un scanner sont bien plus fiables que les « ressentis » parfois douteux de certains patients. Bien que le débat demeure ouvert, on peut sans doute affirmer qu’une douleur n’a pas toujours une cause pathologique. La douleur fait souvent intervenir des phénomènes complexes comme les nerfs et les muscles. Elle relève de fait de l’ordre du ressenti et du subjectif et est donc à même d’induire en erreur. « La douleur ne se prouve pas mais s’éprouve » note à ce sujet l’article de l’Express.

Éviter l’effet nocébo?

De ce fait, la question de savoir s’il faut soigner la douleur en amont et lui accorder une moindre importance dans les diagnostics des patients conserve toute son importance.

La position d’Alain Serrie est sans équivoque: il n’y a aucune raison de ne pas soigner la douleur en amont, ne serait-ce que pour des raisons de bien-être d’ordre psychique. Ce médecin insiste sur l’importance d’une culture anti-douleur et notamment lorsqu’il s’agit de douleurs chroniques, susceptibles de « gâcher toute une vie ». Lorsque la douleur est niée et mal (ou pas soignée) c’est également tout l’entourage de la personne en question qui en souffre sans noter les conséquences que cela peut induire sur la vie professionnelle du malade.

On note aussi que le moral des patients est souvent gravement affecté lorsqu’ils ont l’impression de n’être pris que comme des objets à soigner sans aucune considération pour leur ressentis et ce, sans même faire référence ce qui relève des théories de l’effet placébo/ nocébo. Face à ce constat, certaines cliniques et hôpitaux ont mis en place des groupes de paroles permettant aux patients de faire part de leurs souffrances. Les résultats sont plutôt positifs.

juillet 1, 2010 at 9:20   Laisser un commentaire


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